Interview d'Alain MOREL-JEAN, Président de l'AS Morbier
"Soit on reste dans notre coin, soit on envisage un club du Haut Jura"
>> Alain Morel-Jean, à l'aube de votre dernière saison en tant que président, comment jugez vous la dernière décennie de l'AS Morbier ?
On a eu la chance d'avoir une belle période. En onze ans, on a connu trois montées et atteint un niveau que Morbier n'avait jamais connu. C'est le fruit d'un travail commun, du comité directeur, de l'entraineur Bruno Colin qui en est à sa 17ème année au club.
>> Ce fut plus difficile la saison dernière...
Sportivement, c'est une saison à oublier, avec beaucoup de blessés. Nous avons fini avant derniers d'une année sans enjeu : les deux premiers montaient, les autres étaient rebasculés en LR2.
Mais comme il y trois ans, nous somme premiers au Fair Play sur tous les clubs de Ligue. C'est une satisfaction. C'est pour cela qu'on bosse dans un club : il y a de la qualité de jeu, un esprit.
>> Comment analyser toutes ces blessures ?
Ce niveau nous impose trois entrainements par semaine, en plus du match le week-end. Est ce que les joueurs ont la capacité à encaisser cette charge en plus de leur travail ? Par rapport à notre effectif, peut être étions nous en surégime. Nous avons eu jusqu'à 15 blessés, vingt cinq absents. On reste un club de bénévolat.
>> Quelles conséquences cela aura sur la prochaine saison ?
Nous avions trois équipes séniors en 2009-2010, deux cette année. L'équipe C doit permettre aux gars de prendre plaisir à jouer, pas de se déplacer à neuf. Nous avons un effectif d'une cinquantaine de joueurs, dont dix nouveaux.
>> Et du côté des équipes jeunes ?
La tendance générale sur le Haut Jura est à la perte d'effectifs. C'est assez inquiétant, car il s'agit de nos futurs seniors. Avec Morez et Longchaumois, nous avons décidé d'élargir le regroupement Arcade Foot à toutes les catégories jeunes, pour que les enfants jouent ensemble, prennent du plaisir.Avec les incertitudes que cela suppose, au niveau des entrainements, des terrains, de l'acceptation des parents. Mais aujourd'hui, aucun de nos clubs ne peut faire des équipes à 11. Avant, le regroupement permettait d'avoir des objectifs qualitatifs. Maintenant , notre objectif c'est déjà de faire jouer nos jeunes.
>> A terme, est ce que cela peut augurer d'un rapprochement général ?
L'évolutin actuelle du football peut être vue de 2 façons : chaque club reste dans son coin, avec moins d'ambitions sportives, pour le plaisir de jouer entre copains. Ou alors il faudra peut être faire un club du Haut Jura. Pas la taille de Jura Sud, mais plutôt à l'échelle de Jura Lacs.
>> Ce n'a pas toujours été votre position...
C'est vrai que j'ai évolué sur ce sujet. Notamment parce qu'il y a cette perte d'effectifs. Elle vient du fait qu'on est géographiquement à l'écart, que les jeunes partent faire des études, que ceux qui ont des ambitions footballistiques partent ailleurs. Ceci dit, ce n'est pas un appel, c'est une analyse
>> Comment voyez vous la saison à venir ?
Cette nouvelle Ligue Régionale 2 va être plus costaud cette année, avec des clubs ambitieux qui arrivent du niveau d'en dessous. On a la chance d'être soutenu par les industriels, les commerçants locaux. Mais on reste au niveau de notre animation, de notre structure, un club villageois, un club au milieu des champs, et on le revendique
> Propos recueillis par Julien Vandelle, Article paru dans Le Progrès, édition du Lundi 23 Août 2010
L'ECHO DES VIADUCS (édition du Mardi 24 Août 2010)
Ne pas oublier les joueurs
Un club de football, c'est un comité directeur, des bénévoles, des
partenaires publics et privés.
Mais c'est aussi et surtout des joueurs, qui sur le terrain, en sont
l'élément moteur. Dans l'interview que nous a accordée le président de
l'AS Morbier Alain Morel-Jean (notre édition d'hier, ce dernier saluait
l'état d'esprit affiché par les footballeurs morberands, qui vient d'être
récompensé une nouvelle fois par la ligue de Franche-Comté, avec le Prix
du fair-play.
Quant aux belles années que vient de vivre le club, avec trois montées en
onze ans, le président n'oublie pas qu'il le doit à une génération de
joueurs de qualité, Tacconi, Burlet, Brendel, Deffradas, Muller, Colin,
Donzé, Gachet, Rinaldi et bien d'autres... qui sous la houlette de Bruno
Colin, "a su obtenir d'excellents résultats avec un état d'esprit
irréprochable".
Alain Morel-Jean le répète d'ailleurs assez souvent. Et c'est une telle
évidence que c'est une partie de son discours qui a été tronquée dans
notre retranscription. En souhaitant que personne n'en ait pris ombrage.
Julien Vandelle